Jusqu’à présent, le streaming applicatif (ou virtualisation d’applications) restait le terrain de jeu de la R&D ou de timides ou limitées mises en production au sein des grandes entreprises. Office Click-to-Run est une démonstration concrète de ce concept, et le démocratise au grand public, puisque la première cible de Click-to-Run sont les particuliers (Home Edition) et les petites entreprises (Business Edition).
Pour ceux qui seraient passés à côté du sujet jusqu’à présent, je vous propose une session de rattrapage à l’aide de quelques références clés sur le sujet.
Tout d’abord, Qu’est-ce que le streaming applicatif ? C’est aux applications ce qu’est aujourd’hui la manière dont vous écoutez de la musique ou vous lisez des vidéos sur Internet. Votre ordinateur commence à charger le début d’un contenu, et l’exécute le plus rapidement possible alors que le téléchargement du complément continu à être réalisé en tâche de fond. Dans le streaming applicatif, une application va être découpée en plusieurs morceaux et la partie strictement minimum va être envoyée en priorité à votre ordinateur. Dès que celle-ci est complète, l’application est exécutée, le reste (comme les macros, les fichiers d’aide, les correcteurs orthographiques, les modules complémentaires) continuent progressivement à être téléchargés sans gêner l’utilisateur. Si vous essayez d’utiliser une fonction qui n’est pas encore téléchargée, le système se reconnecte de manière transparente pour acquérir les nouveaux blocs manquants. L’autre point essentiel du streaming applicatif est que l’application fonctionne de manière virtualisée et cloisonnée par rapport à l’environnement (c’est aussi le cas pour le registre ou pour les applications qui s’installeraient dans le panneau de configuration). Ainsi, vous pouvez exécuter des applications en théorie incompatibles entre elles sur le même poste. Toutefois, une application ainsi déployée est capable de communiquer avec l’extérieur. Par exemple, j’utilise Outlook 2010 en Click-To-Run, tout en ayant déployé BCM (Business Contact Manager) 2010 en local, qui pourtant s’interface avec Outlook. Le système Windows, de par sa structure sous forme de nombreuses librairies est un environnement qui se prête tout à fait bien au streaming applicatif. Enfin, dernier point important, plus la peine de faire des fastidieuses mises à jour de l’application, tout est réalisé en amont, et redescendu au niveau de chaque poste de travail via le streaming.
L’exemple suivant vous présente deux icônes de mon panneau de configuration. Mail correspond à l’applet de mes profils de messagerie utilisée par Microsoft Outlook 2010 installé classiquement. Mail (Virtual) correspond à l’applet de mes profils de messagerie utilisée par Microsoft Outlook 2010 Click-To-Run.

Quels sont les grands acteurs du Streaming applicatif ? Je vous propose d’aller voir l’excellent article fait et tenu à jour (ce qui est plutôt rare) par Vincent Branger à cet emplacement. Si vous voulez approfondir le sujet et vous tenir au courant de l’actualité sur Microsoft App-V, je vous conseille également le blog de mon pair MVP, Fabien Perrier que vous pourrez consulter à cette adresse, sans oublier la section dédiée à la virtualisation applicative de mes camarades du GuVirt (Groupe Utilisateurs Virtualisation), et le blog de l’équipe technique MDOP de Microsoft.
A priori, App-V (disponible dans le pack MDOP) s’adresse aux grandes entreprises (principalement à cause du type de licence auquel il est actuellement soumis chez l’éditeur, mais également de l’infrastructure en amont qu’il faut déployer, et la connaissance spécifique du packaging pour des applications streamées), et de ce point de vue, rien de nouveau. Par contre, la distribution d’une application telle que Microsoft Office 2010 Click-To-Run pour des particuliers et des petites entreprises est particulièrement intéressante, car elle ouvre la voie à un nouveau modèle de vente et de gestion des applications déployées chez des clients TPE/PME/PMI, qui vient se positionner entre l’application installée localement et l’application de type Web 2.0.
Toutefois, au-delà de l’aspect technique, il reste à inventer le modèle économique correspondant, surtout que pour le moment, la seule façon de distribuer une application à vos clients pour une société de services, via App-V, reste au travers du mode de partenariat SPLA Microsoft Application Virtualization 4.5 Hosting for Desktop, dont l’adhésion (si vous n’êtes pas déjà hébergeur) ne pourra se faire qu’au travers d’un business plan, à la fois ambitieux (en termes de volumes) et solide (en termes de rentabilité économique à moyen terme).