1.000 heures de production avec Exchange Server 2010


Ce vendredi, nous avons franchi le cap des 1.000 heures de production depuis que nous avons déployé Exchange Server 2010. C’est l’occasion d’un premier retour d’expérience sur la stabilité de cet environnement.

Uptime

Notre architecture a été conçue afin de pouvoir être tolérante aux pannes, ce qui est d’usage, avec toutefois une particularité au sens où nous supportons deux pannes successives. En effet, le fait de basculer sur le nœud de secours est une opération plus fréquente qu’il n’y paraît (par exemple, pour l’application des mises à jour ou pour procéder à des ajustements techniques), c’est justement dans cette situation qu’il est important que les opérations allant suivre et permettre la restauration du service initial soient réassurées par un dispositif. En clair, si la première erreur est redoutable (mais elle est couverte par un cluster simple), c’est la mauvaise manipulation consécutive au premier incident qui sera fatale. Or, dans une situation de continuité d’activité, on a recours souvent à un processus manuel et non maitrisé (c’est-à-dire faisant appel à des consignes, mais rarement une opération déjà jouée maintes fois). C’est donc pour couvrir ce cas de figure que nous avons opté pour une stratégie supportant deux erreurs consécutives, afin que l’ingénieur en charge de la sortie d’une situation de crise soit couvert par une sécurité lors de son intervention manuelle. Au bout des 1.000 premières heures, si nous avons dû basculer plusieurs fois sur le système de secours, cette stratégie n’a pas été mise en défaut.

Activité

D’un point de vue technique, nous utilisons environ une quarantaine de boîtes aux lettres pour notre propre activité (50% avec Outlook 2010, 50% avec Outlook Web App), et recevons de notre ISP environ 2.500 messages par jour, dont 96% sont du spam (ou identifié tel quel). Nous avons opté pour la solution Antispam de l’éditeur, soit la dernière version de Microsoft ForeFront Security 2010 for Exchange Server adaptée aux environnements Exchange 2007 et Exchange 2010. En 1.000 heures de production, nous avons eu un faux-positif et une quarantaine de spams entrants (sur plus de 38.000 messages au total) et non détectés. Il s’agit principalement de messages correctement formés et provenant de PC zombies pour lesquels il a fallu ajuster le filtrage par mots-clés. Ces spams peuvent être classés en quatre catégorie (jeux, russe, publicité*, sexe). * Il s’agit principalement de publicité de type Opt-in, dont le consultant qui s’était abonné est parti de l’entreprise. Voici ci-après un exemple de ce que nous éliminons :

Antispam

En termes de performances, le système répond rapidement bien que nos machines soient de taille correcte (8 Go RAM chacune, 8 cœurs-processeur, et attachement direct SAS). Ce que l’on peut juste remarquer, c’est qu’à machine égale, Exchange 2010 s’avère un meilleur gestionnaire des ressources matérielles mises à sa disposition que de l’était Exchange 2007. Précédemment, l’utilisateur pouvait rencontrer des « gels intempestifs » de quelques secondes lors d’opérations de recherche, sur une ou plusieurs boîtes.

Processor

Ce problème provenait de l’étroitesse des blocs de mémoire échangés par Exchange 2010 avec le sous-système disque. De notre expérience, ce problème a désormais disparu et Exchange 2010 répond dans l’instant à toutes les requêtes que nous lui faisons subir. Le seul reproche que nous pourrions encore formuler se trouve enfoui dans l’usage d’Outlook Web App. En effet, lors de la première utilisation des options (désormais appelée Exchange Control Panel ou ECP), nous avons pu constater un petit temps de latence. Si par la suite on retourne dans la même session sur l’option, elle s’affiche correctement. Ce symptôme ne semble pas lié au type de navigateur, puisqu’il apparaît aussi bien avec Internet Explorer, Firefox, Google Chrome ou Safari.

Un autre élément pour lesquels nous étions curieux était la dérive de l’espace disque consommé par l’application sur le volume système. Nous sommes parti sur des disques d’une capacité de 100Go pour le système. Ceux-ci ne sont utilisés que pour notre environnement de messagerie, outils de supervision et quelques utilitaires en rapport. Voici en synthèse les conclusions :

Diskspace

Au final, la stabilité, la performance en flux continu, et la finition d’Exchange Server 2010 est très rassurante pour une mise en production le plus tôt possible. Le gain de performances immédiat obtenu, en comparaison d’Exchange Server 2007, permet d’assurer un meilleur service à l’utilisateur tout en introduisant des fonctionnalités originales (ouverture de multiples boîtes aux lettres, archive en ligne, conseils de messagerie – Voir l’article sur les MailTips, etc.), dont la consommation de ressources est nettement inférieure à l’économie réalisée par le simple fait de migrer les boîtes aux lettres Exchange 2007 vers Exchange 2010.

Au final, une dernière information qui peut être intéressante. Jusqu’à ce jour, pour 1.000 de production pour la solution, l’exploitation a nécessité 63 heures (soit environ 6,3%). Toutefois, en considérant ce temps pour l’ensemble des serveurs qui composent notre environnement (soit 4 machines), le coût humain pour notre plateforme Exchange 2010 est de 1,575% par heure d’exploitation.

Pour ceux que cela intéresse, nous vous proposons même de venir en nos locaux, découvrir par vous-même le backstage de notre organisation Exchange, comme l’a fait récemment l’un de nos clients.

A propos Arnaud Alcabez

With more than 20 years of experience in computing technologies and 18 years in the world of IT consulting (whose his own company during 9 years - MCT, MCSE, MSS), I have strong and major skills on IT technologies such Exchange, Virtualization, and BPOS/Office365, Cloud strategy and in particular, Microsoft ecosystem. The last 10 years were devoted to growth the MS identification and the business market (large and mid channels) for some French IT companies. Today, as Office365/Exchange Senior Architect at Capgemini, I share my knowledge with internal teams and Capgemini's customers. In parallel, I am acknowledged as a Most Valuable Professional (MVP) since 2003 by Microsoft Corp. I'm a writer for Exchange Magazine in France,the owner and president of the French Exchange Server community (2500 qualified members in September 2008), and one of the five managers on the Exchange Group LinkedIn community. I speak regularly as IT Expert (Level 300/400 sessions) for Microsoft France, for exemple, during the Microsoft Techdays.
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